
L'association Santé environnement France (Asef) vient de présenter les résultats d'une étude sur l'air intérieur des crèches. Menée en février et mars 2009 auprès de 9 lieux de garde collectifs (Villeneuve d'Ascq, Paris 19e, Wittenheim, Annecy, Eybens, Montpellier, Aix-en-Provence, Sophia-Antipolis et Signes), l'étude a particulièrement porté sur trois molécules jugées hautement préoccupantes par l'Observatoire de l'air intérieur : le benzène, le formaldéhyde et les phtalates.
Conclusion : les relevés apparaissent préoccupants, notamment sur deux des trois composés : le benzène et les formaldéhydes. En revanche, peu ou pas de traces de phtalates ont été relevées.
Une pollution peu connue
Si l'étude menée par l'Asef ne se prétend pas exhaustive, elle a le mérite de mettre le doigt sur un sujet préoccupant. Selon l'association, les enfants passent environ 20 heures par jour dans un environnement intérieur, dont une bonne partie en crèche.
Selon une étude menée de novembre 2006 à mars 2007 par l'observatoire de la qualité de l'air intérieur auprès de 2.780 ménages, 22,3 % des enfants en âge pré-scolaire et 27 % des enfants en classe maternelle fréquentent les lieux de garde collectifs.
En France, chaque individu passerait en moyenne 85 % de son temps dans un environnement clos (lieu de travail, habitat…). Si ces milieux contiennent de nombreux agents physiques et contaminants chimiques ou microbiologiques, liés aux bâtiments, aux équipements, à l'environnement extérieur immédiat et au comportement des occupants, l'air intérieur des bâtiments a longtemps été écarté des préoccupations sanitaires, au contraire de l'air extérieur.
En 2001, la création de l'observatoire de la qualité de l'air intérieur par les pouvoirs publics marque la prise de conscience de cette problématique. Pourtant, aujourd'hui encore, les données actuelles concernant cette pollution sont insuffisantes et l'impact de cette pollution sur la population est encore mal connu.
Soulignée lors des travaux du Grenelle de l'environnement, cette carence devrait faire à l'avenir l'objet d'une attention particulière. La table ronde consacrée à l'environnement et à la santé a proposé différentes mesures sur le sujet. Parmi elles, l'obligation de l'étiquetage des matériaux de construction et de décoration et l'interdiction de certaines substances nocives dans ces matériaux. Elle a également souligné l'urgence de mettre en place une surveillance auprès des populations à risque (enfants, personnes âgées…) et d'adapter la veille sanitaire aux risques émergents. Enfin, elle a appuyé l'importance d'une définition concertée du prochain plan national Santé environnement.
Il y a un vrai sujet sur la qualité de l'air intérieur, on passe l'essentiel de notre temps dans des bâtiments, où il y a un cocktail de pollutions. Ce sera un des sujets du plan Santé environnement qui sera présenté en avril, reconnaissait Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'écologie, jeudi sur LCI. Nous allons lancer une étude dans 300 crèches et écoles.
Source : www.actu-environnement.com